Voice of Freedom Повна версія

A Arles, les images jazzy de la photographe Ming Smith

· Culture

Elle rêvait d’être Angela Davis. « Mais trop, trop timide pour ça. » Alors, c’est dans son art que Ming Smith a mis toute sa rage, ses espoirs, son sens du combat. Première photographe afro-américaine à entrer dans les collections du MoMA de New York, elle reste méconnue en France. Cela rend d’autant plus précieuse l’exposition que lui consacrent les Rencontres d’Arles à l’église Sainte-Anne. Y sont dévoilées plus de cinq décennies de pratique, nuits américaines tout en flux et flous, transcendées par l’énergie du blues. Quand nous la rencontrons, en ce début juin, dans un café de Harlem, Ming Smith, 79 ans, n’a rien perdu de sa grâce d’ancien mannequin, ni de cette générosité qui transparaît dans ses images. Le regard est à peine voilé par l’âge, toujours aussi vif. De sa vie, elle raconte avec humour et tendresse tous les virages.

Elle est née en 1947 à Detroit (Michigan), où vivait une partie de sa famille, très impliquée dans le jazz, mais c’est à Columbus qu’elle grandit : « Une vraie fille de l’Ohio », dit-elle en souriant. Dans son sang se mêle celui de ses ancêtres esclaves (Smith est le nom de celui qui les asservit), mais aussi français créoles et amérindiens.

Il vous reste 86.31% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.