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A Barcelone, Russes et Ukrainiens exilés se croisent aux bains : « La guerre, on n’en parle pas, même au banya »

· War chronicles

Dès qu’elle a su qu’un banya ouvrait à Barcelone, elle s’y est précipitée. C’était en juillet 2025 et, malgré la chaleur estivale, Bella Holovata, 16 ans, était trop heureuse de renouer avec les bains de vapeur traditionnels slaves qui lui manquaient tant depuis son arrivée en Catalogne, trois ans plus tôt. « Mes copines m’ont offert une entrée pour mon anniversaire et depuis j’y retourne deux à trois fois par mois. J’y vais pour me détendre, purifier mon corps et mon esprit. Et, surtout, oublier la guerre », explique-t-elle.

Dans la maison de sa famille, à Kiev, récemment touchée par un bombardement, il y avait un petit banya privé. Mais elle a fui le pays avec sa mère et son beau-père en mars 2022, juste après l’entrée des troupes russes en Ukraine. Tous les trois ont bouclé leurs valises à la hâte et sont partis en voiture, direction l’Allemagne, les Pays-Bas, puis l’Italie. Une errance de deux semaines qui les a conduits un peu par hasard dans la banlieue de Rome, où ils ont tenu quatre mois. « Il n’y avait rien pour accueillir les gens comme nous, alors on a repris la route pour gagner Sitges, en Catalogne, où on était allés plusieurs fois en vacances par le passé », raconte-t-elle.

Situés à une petite heure de route au sud de Barcelone, la station balnéaire et les villages alentour, Castelldefels, Gavà, sont très prisés par les migrants ukrainiens. L’Espagne est le quatrième pays de l’Union européenne à accueillir le plus de réfugiés de Kiev, loin devant la France. Dans les mois qui ont suivi l’invasion de leur pays, la région offrait aux arrivants aide alimentaire et soutien administratif pour obtenir des permis de séjour.

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