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A Calais, dix ans après le démantèlement de la « grande jungle », d’autres l’ont remplacée : « Franchement, la situation aujourd’hui est pire »

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Il est 12 h 30 passées ce lundi d’octobre lorsque la camionnette de Salam, l’association d’aide aux migrants, se gare dans le camp de Loon-Plage, à une dizaine de kilomètres de Dunkerque (Nord). Une file impatiente est déjà formée sur le terrain vague et pousse si fort, lorsque débute la distribution des repas, que Christine (elle n’a pas souhaité donner son nom, comme toutes les personnes citées par leur prénom), bénévole, s’interpose en distribuant les couverts. « Ils ont faim, ils n’ont pas mangé depuis hier midi », indique Claire Millot, retraitée, ancienne professeure de lettres classiques et vice-présidente de Salam.

L’association, née d’une initiative citoyenne, a cuisiné 58 kilos de pâtes et une énorme bassine de poulet et de bouillon dans la salle paroissiale prêtée par l’église de Grande-Synthe. « On prépare pour à peu près 1 000-1 200 personnes, mais on ne sait jamais à l’avance combien seront là, car si la météo le permet, beaucoup partent sur le littoral pour tenter une traversée de la Manche vers l’Angleterre », explique Marie-Reine, également bénévole.

Il y a tout juste dix ans, le 24 octobre 2016, le ministre de l’intérieur d’alors, Bernard Cazeneuve, ordonnait le démantèlement de la « jungle de Calais ». Le plus grand bidonville d’Europe, principale porte d’entrée vers le Royaume-Uni, a abrité durant la crise migratoire jusqu’à 10 000 exilés. La plupart d’entre eux ont alors été répartis à travers la France.

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