A la BNF, une plongée époustouflante dans la photographie japonaise, du traumatisme nucléaire au minimalisme zen
Deux pissenlits, rien de plus. Mais un feu d’artifice. Sous le délicat regard de Ryuji Taira, les pistils volatiles posent pour l’éternité : l’artiste les a figés dans le platine-palladium, considéré comme la méthode de tirage la plus durable, et sur un papier fait main. Geste simple, motif simplissime : un bijou… La vaste exposition que la Bibliothèque nationale de France (BNF), à Paris, consacre à la photographie japonaise en est riche. Tout miser sur une scène nationale tourne souvent au fiasco. Ici, l’idée s’avère lumineuse.
Fermé à l’Occident quand la photographie est née, il y a deux siècles, l’Archipel a développé un rapport singulier à ce médium. Il se dévoile ici au fil de quelque 300 œuvres : 250 tirages, mais aussi nombre d’ouvrages rares, essentiels pour cette contrée où la photographie a grandi dans l’univers de l’imprimé, plutôt que sur les murs.
Riche aussi d’un ensemble exceptionnel d’estampes, la BNF a puisé dans le magnifique corpus maison. Pionnière parmi les grandes institutions occidentales, elle a collectionné, dès la fin des années 1960, la photo nippone. De ce fonds de 4 000 images, elle dévoile un florilège sur huit décennies, de l’après-guerre à nos jours.
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