« A la veille des ventes de Noël, les mauvaises nouvelles s’accumulent » : la colère sociale assombrie davantage les perspectives économiques de la France
« C’est calme, très, très calme », soupire la vendeuse de la boutique Parfois, qui vend accessoires de mode et colifichets dans la galerie marchande de la gare Saint-Lazare, à Paris. « Depuis ce matin, on n’a fait que 200 à 300 euros de chiffre d’affaires. D’habitude, le samedi, c’est ce que l’on fait en une heure… », constate-t-elle (les personnes dont le nom n’est pas indiqué sont anonymisées). L’ambiance en cet après-midi du samedi 24 octobre n’est pas au shopping, et la météo automnale n’est pas seule en cause.
Sur le parvis luisant de pluie, les forces de l’ordre battent la semelle, presque plus nombreuses que les passants. Nombre de boutiques de ce quartier traumatisé par les violences du 17 octobre, en marge de la manifestation contre la vie chère et les conditions d’étude des lycéens, ont fixé du contreplaqué sur leur vitrine. Beaucoup d’autres ont décidé de fermer plus tôt, pour éviter les débordements de fin de manifestation. A deux pas, dans les allées étonnamment clairsemées de la Fnac, installée dans le passage du Havre, on s’apprête à baisser le rideau à 18 heures au lieu de 20 heures. Une vendeuse encore sous le choc du samedi précédent s’en félicite : « C’était horrible ! », s’exclame-t-elle.
Autre ambiance, dans le 13e arrondissement, place d’Italie. En début d’après-midi, deux foules se croisent : un cordon continu de jeunes en route pour la manifestation pour le pouvoir d’achat et la défense des services publics, et des grappes de clients venus faire du shopping dans le centre commercial, en dépit de la dizaine de cars de police parqués aux alentours et de l’hélicoptère qui tournoie.
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