A Saint-Etienne-du-Rouvray, dix ans après l’attentat, un hommage commun de l’Eglise et de la République au père Hamel
Depuis les bancs de la modeste église de Saint-Etienne-du-Rouvray, en Seine-Maritime, on ne voit qu’elle. L’étole tachée du sang aujourd’hui bruni par le temps du père Jacques Hamel, assassiné le 26 juillet 2016 alors qu’il célébrait la messe. Elle trône au centre du chœur de l’édifice médiéval, posée là, sur une croix, pour qu’en ce dimanche 26 juillet, dix ans après, la mémoire du prêtre soit plus vive que jamais.
« Vous auriez préféré qu’elle ne soit pas là, s’étrangle dans un sanglot aussitôt ravalé Mgr Dominique Lebrun, archevêque du diocèse de Rouen, mais nous avions besoin de la voir sur la croix, proche de l’unique croix, où se trouvent réunis en Jésus la pire violence et l’amour vainqueur pour tous. » Non loin du prélat, le long de la nef latérale gauche, les responsables politiques, au premier rang desquels l’ancien chef de l’Etat François Hollande (2012-2017) et le premier ministre, Sébastien Lecornu, écoutent l’homélie, l’air pénétré.
« Un acte de foi »
En ce dimanche de juillet où le ciel, jusque-là invariablement bleu, a décidé soudainement de tourner au gris, la République française et l’Eglise se sont réunies dans cette petite ville normande, à quelques kilomètres de Rouen, pour rendre hommage au prêtre qui, à 85 ans, a été l’ultime victime de l’importante vague d’attentats qui a frappé la France entre 2015 et 2016.
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