A Saint-Etienne, Frank Stella à l’honneur, et la liberté folle des artistes américains d’après-guerre
Directrice du Musée d’art moderne et contemporain de Saint-Etienne Métropole et commissaire de l’exposition « Flying Colors », Aurélie Voltz reconnaît s’être interrogée. Dans la situation actuelle, est-il opportun pour le musée de consacrer une saison d’été aux Etats-Unis ? En l’occurrence « Flying Colors », exposition collective d’artistes américains qui est le résultat d’une collaboration avec le Minneapolis Institute of Art. Ce dernier accompagne également une rétrospective du peintre new-yorkais Frank Stella (1936-2024), précurseur du minimalisme. Autrement dit, les Etats-Unis sont partout. Mais pas pour provoquer, plutôt pour rappeler quelques évidences historiques qui finiraient par être oubliées.
Les Etats-Unis sont le pays où, après la Seconde Guerre mondiale, des mouvements artistiques nouveaux sont apparus et ont grandi, mouvements dont les acteurs étaient pour beaucoup des immigrés, tels Arshile Gorky (1904-1948), réfugié arménien, ou Willem de Kooning (1904-1997), venu des Pays-Bas trouver du travail ; ou des descendants d’immigrés, tel Frank Stella, né en 1936 dans une famille d’origine sicilienne.
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