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A Trappes, après les tirs meurtriers, la colère et le fatalisme face au racisme ambiant : « On savait qu’un jour ou l’autre, une telle attaque allait arriver »

A Trappes, après les tirs meurtriers, la colère et le fatalisme face au racisme ambiant : « On savait qu’un jour ou l’autre, une telle attaque allait arriver »

Il y a d’abord des mots. Ceux d’Ali Rabeh, 41 ans, maire de Trappes (Génération. s), écharpe tricolore qui semble l’étreindre comme pour mieux l’épauler dans cette épreuve. Plus tôt dans la journée, vendredi 23 octobre, au cours d’une matinée venteuse, un homme a tiré au hasard à l’arme automatique dans les rues de cette ville des Yvelines, et dans celles de La Verrière, une commune voisine, « à proximité des mosquées », précise M. Rabeh. Un homme de 26 ans, Pengo B.-W., est mort et cinq autres personnes, dont une fille de 12 ans, criblée de balles, ont été blessées.

Le tireur présumé, Kevin T., 39 ans, a été interpellé et placé en garde à vue peu après. Le Parquet national antiterroriste (PNAT) s’est saisi de l’enquête, ouverte notamment pour « assassinats et tentatives d’assassinats en relation avec une entreprise terroriste avec la circonstance que les faits ont été commis à raison de l’appartenance vraie ou supposée à une prétendue race, ethnie, nation ou religion ».

« Les gens qui ont été visés aujourd’hui auraient pu être ma mère, mes frères, mes belles-sœurs, lance le maire de Trappes, en début d’après-midi, depuis le hall de l’hôtel de ville. C’est probablement une première tentative de crime de masse, à connotation islamophobe et raciste. » Avec un sentiment d’urgence, M. Rabeh évoque, face aux journalistes, une France en grand danger, intoxiquée par des « discours qui consistent, qu’on soit ministre, candidat à la présidentielle, député, [à dire] que tous les maux de cette société sont la responsabilité des arabo-musulmans ». Face à cette haine, l’élu appelle à « la désescalade », « la concorde républicaine ».

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