Ils sont plusieurs dizaines d’agents de la police nationale à débouler rue de la Marne, à Villeneuve-Saint-Georges (Val-de-Marne), en ce début d’après-midi du 8 avril. Ils s’apprêtent à réaliser un coup de filet pour le moins inhabituel. Leurs objectifs : neuf agents de la police municipale de la ville, à savoir les huit policiers de la brigade de soirée et leur directeur, Olivier Roussy. Ils viennent les chercher directement sur leur lieu de travail, à l’heure de la prise de service.
Après avoir fouillé l’hôtel de police municipale, les différents véhicules, et récupéré des documents, les enquêteurs repartent et placent en garde à vue leurs neuf objectifs et deux personnes supplémentaires, des opératrices du centre de supervision urbaine (CSU) qu’il leur restait à identifier.
Cela fait alors trois mois que les policiers nationaux enquêtent sur leurs collègues municipaux, à la suite d’une demi-douzaine de dépôts de plainte entre janvier et avril. Les agents villeneuvois avaient d’ailleurs de quoi s’en douter : pour se procurer des images de vidéosurveillance de la ville, les policiers nationaux chargés de l’enquête ont dû adresser des réquisitions… au directeur de la police municipale.
De 4 à 18 agents
A l’issue des gardes à vue, sept fonctionnaires ont été renvoyés devant le tribunal. Cinq d’entre eux ont été placés sous contrôle judiciaire – il leur est notamment interdit d’exercer leur métier sur la voie publique. Les infractions retenues sont diverses : violences aggravées, dégradations, violation de domicile, faux…
Ces poursuites interviennent alors que la police municipale de Villeneuve-Saint-Georges a radicalement changé de visage au cours de l’année écoulée. Elue en février 2025 lors d’élections partielles, la maire, Kristell Niasme (Les Républicains), a transformé sa « PM » pour lui confier des missions plus offensives, en la dotant de moyens accrus et en lançant une intense campagne de recrutement : l’édile revendique d’avoir fait passer ses effectifs de 4 à 18 agents.
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