A Vénissieux, le cri de détresse des professeurs et lycéens de la cité scolaire Sembat-Seguin : « J’ai l’impression de venir travailler dans une prison »
Mardi 20 octobre, la manifestation démarre de la gare de Vénissieux (métropole de Lyon). Le cortège de quelques centaines d’étudiants avance sous la pluie, à l’appel de l’« interfacs » de la Métropole de Lyon. De la petite foule détrempée émerge une banderole blanche, en lettres rouge et noir : « Sembat-Seguin en lutte ». Depuis le début du mouvement lycéen, cette bannière est de toutes les manifestations, cri de détresse dans le grand maelström social.
Alternativement tenue par des professeurs ou des élèves, parfois des parents, elle veut attirer l’attention sur la situation du lycée général et technologique Marcel-Sembat, et du lycée professionnel Marc-Seguin, réunis dans une cité scolaire de 947 élèves (selon les chiffres de la rentrée 2025), située à Vénissieux, dans la banlieue de Lyon. Depuis des années, ces lycées concentrent tous les sujets qui sont à l’origine du mouvement lycéen.
A mi-parcours, le cortège fait une pause dans le quartier de Parilly, à la frontière de Lyon et Vénissieux, à l’angle de la rue qui mène à la cité scolaire Sembat-Seguin. Son implantation géographique dit déjà beaucoup : les bâtiments plats sont coincés entre des barres d’immeubles et un immense site industriel. Un pylône métallique de ligne à haute tension est planté dans un coin.
« Tout est gris, rien n’a été rénové. Aucune végétation à l’intérieur, les grilles donnent une ambiance carcérale, j’ai l’impression de venir travailler dans une prison », témoigne Geoffroy Merle, 36 ans. Le professeur de sciences économiques et sociales a déjà expérimenté six lycées de la région lyonnaise. Il n’a jamais connu « un environnement aussi dégradé ». « Nos élèves sont les oubliés de la société, une logique de ségrégation est à l’œuvre. Nous nous battons simplement pour faire correctement notre métier », ajoute Sandrine Lavanant, 49 ans, professeure de français.
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