L’onde de choc de la mort de Lyhanna fait remonter à la surface les très nombreuses traces pédocriminelles et judiciaires laissées par le mis en cause, Jérôme Barella, au cours de son parcours. Le Monde est en mesure d’établir, de sources concordantes, que le comportement en ligne de l’intérimaire de 41 ans avait alerté jusqu’aux Etats-Unis. En effet, l’organisme américain NCMEC (National Center for Missing and Exploited Children), a transmis, avant l’affaire Lyhanna, plusieurs signalements le visant à l’Office mineurs (Ofmin), le service en pointe de la direction nationale de la police judiciaire pour lutter contre les violences sexuelles faites aux mineurs.
C’est encore un voyant allumé par les agissements de Jérôme Barella, mis en examen et écroué à ce stade pour « enlèvement et séquestration » de la collégienne de 11 ans dans le Gers, qui pose la question de toutes ces informations dispersées le concernant, empêchant les enquêteurs d’appréhender pleinement sa dangerosité.
Créé en 1984 et adossé au Congrès américain, le NCMEC est un organisme de référence dans la lutte contre la pédocriminalité internationale, car il agrège les alertes collectées par les fournisseurs d’accès à Internet, les géants du Web et les réseaux sociaux – à l’image de Google, Facebook, Instagram, Snapchat, TikTok, Pornhub, OnlyFans ou YouTube – concernant des contenus pédocriminels hébergés en ligne, puis les dispatche aux polices nationales des ressortissants détectés. Sont transmises au NCMEC tant des informations sur des adultes tentant d’interagir sexuellement avec des mineurs sur Internet, que téléchargeant ou échangeant des images ou des vidéos de violences sexuelles commises sur des enfants.
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