La disparition de Lyhanna, une collégienne de 11 ans retrouvée morte dans le Gers, a pris ces derniers jours une tournure politique, dans l’enquête sur le suspect, déjà visé par des plaintes. Alors qu’une enquête administrative est en cours, la mère de Rosa, 11 ans, qui avait porté plainte contre Jérôme Barella – le suspect dans l’affaire Lyhanna – pour le viol de sa fille en août 2025, va porter plainte contre l’Etat cette semaine, a révélé RTL, mardi 9 juin.
L’avocat de la mère de famille, Pierre Dubuisson, a annoncé le lancement de deux procédures : une plainte contre l’Etat en responsabilité devant le tribunal judiciaire pour faute lourde, et une procédure au pénal. Dans celle-ci, l’Etat sera accusé de non-assistance à personne en danger, tandis qu’un motif de mise en danger de la vie d’autrui sera invoqué contre les enquêteurs et les magistrats qui ont travaillé sur le dossier à la suite du dépôt de plainte de la famille de Rosa en 2025 et contre le ministère de la justice.
Rosa et sa mère avaient été entendues et un examen médico-légal et psychologique avait été réalisé sur la fillette, mais Jérôme Barella n’avait pas été auditionné. Une plainte sera par ailleurs déposée contre l’actuel ministre de la justice, Gérald Darmanin, « puisqu’il incarne l’institution judiciaire, qu’il a été pendant quatre ans ministre de l’Intérieur, donc patron des policiers et gendarmes, a fait savoir Pierre Dubuisson. Et aujourd’hui, il feint d’apprendre et d’être surpris de voir que le système judiciaire est en faillite totale ».
Le gouvernement mis sous pression
La veille, sous la pression de l’opinion publique, Gérald Darmanin avait appelé à la « mobilisation générale » afin de faire « toute la vérité » après les défaillances dans l’affaire Lyhanna, qui suscite toujours une vive émotion, partagée par des manifestants en soirée. Des milliers de personnes se sont rassemblées dans des dizaines de villes de France et devant la chancellerie, à Paris, mettant en cause la justice dans l’affaire Lyhanna et le traitement des violences sexuelles.
De nombreuses associations féministes et enfantistes, parmi lesquelles #NousToutes, la Fondation des femmes, Face à l’inceste, le Collectif féministe contre le viol, avaient appelé à des rassemblements en début de soirée devant les tribunaux de plus de 160 villes de France.
« Il ne nous a manqué ni moyens ni lois, il nous a manqué de prioriser des viols sur les mineurs », a insisté, lundi, le ministre de la justice, lors d’une conférence de presse à l’issue d’une réunion avec les procureurs généraux pour leur demander de « reprendre l’intégralité des plaintes qui touchent les enfants », soit environ 70 000. Le garde des sceaux a expliqué avoir commandé un état des lieux « tribunal par tribunal, commune par commune ».