Alain Françon, metteur en scène : « Je voulais bouffer de la culture bourgeoise pour pouvoir prendre la parole »
Metteur en scène réputé, longtemps directeur d’institutions théâtrales, Alain Françon est toujours à l’affiche. En près de soixante ans de carrière, ce Stéphanois a créé plus d’une centaine de pièces mêlant auteurs classiques (Tchekhov, Ibsen, Feydeau, Marivaux…) et contemporains (Michel Vinaver, Edward Bond, Peter Handke…). A 81 ans, il continue de signer des mises en scène remarquées, à l’image de La Folle Journée, ou le Mariage de Figaro, de Beaumarchais, au Théâtre de la Porte-Saint-Martin, à Paris, jusqu’au 31 décembre.
Je ne serais pas arrivé là si…
Je n’avais pas appartenu à la classe populaire et si je n’avais pas pris la parole grâce au théâtre.
Dans quel milieu avez-vous grandi ?
Mon père était mineur et ma mère sténodactylo. J’ai été élevé par mes grands-parents paternels, qui tenaient un bistrot dans le quartier ouvrier Le Soleil, à Saint-Etienne. Je n’avais pas de chambre, j’étais tout le temps dans leur café au milieu des clients. Beaucoup étaient des habitués et avaient très peu d’argent. Quand je ne faisais pas mes devoirs, cela m’arrivait de jouer aux cartes ou de faire un billard avec eux. Lorsque ma grand-mère fermait les volets du bistrot, ils se mettaient à chanter. Je garde de cette période une humilité et le souvenir d’une grande gaieté. Mes parents étaient très soucieux de moi, mais pris par leur travail. Mon père passait le matin et ma mère le soir au bistrot. Le dimanche et le samedi, j’allais chez eux. C’était très bien organisé.
Quel était votre rapport à l’école ? Aviez-vous une idée de ce que vous vouliez faire plus tard ?
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