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Alexis Spire, sociologue : « Lorsqu’il délègue au privé, l’Etat évalue les économies, mais rarement les risques de fraude »

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Depuis 2016, l’organisation de l’épreuve du code de la route a été confiée à des organismes privés agréés. Un gain financier pour l’Etat, qui n’assure plus l’accueil des candidats dans ses centres d’examen, et une réduction des délais de passage – les centres privés étant plus nombreux.

Mais le nouveau mode d’organisation de l’épreuve a eu des effets pervers : 40 % des examens du code de la route font l’objet d’irrégularités (de la triche individuelle à la corruption d’examinateur), selon le syndicat majoritaire des inspecteurs et délégués du permis de conduire, le Snica-FO, en 2024. Depuis, plusieurs mesures ont été prises pour repérer les centres ayant un taux de réussite anormalement élevé ou des candidats dont le domicile est anormalement éloigné. Le 31 décembre 2025, un nouveau décret a été pris, cette fois pour mieux encadrer l’agrément des centres.

L’examen du code de la route n’est pas le seul domaine à avoir été affecté par cette approche comptable. D’autres externalisations de tâches non régaliennes ont également fait l’objet de fraudes massives, comme l’obtention de cartes grises auprès de garages ou encore les premières étapes du traitement des demandes de visa par des prestataires privés. Alexis Spire, sociologue spécialiste des transformations de l’Etat, auteur de Légitime défiance. Les gouvernés contre l’Etat (PUF, 394 pages, 21 euros), décrypte les causes et les conséquences de ces choix politiques.

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