L’interruption violente de la prestation de la DJ Barbara Butch, à la mi-juillet à Grenoble, a choqué la ministre de la culture, Catherine Pégard, qui demande à renforcer l’application des sanctions contre le délit d’entrave à l’expression artistique.
« Deux circulaires, adressées aux préfets et aux magistrats du parquet, renforcent les dispositions et réaffirment l’état de droit comme rempart contre toutes les censures », a annoncé la ministre dans une interview accordée au Parisien, vendredi 31 juillet. Déjà mentionnées dans un plan publié en avril par le ministère, les deux circulaires sont bien en cours de préparation, a confirmé à l’Agence France-Presse (AFP) le cabinet de la ministre. Elles doivent être co-signées, l’une par le ministre de l’intérieur, Laurent Nuñez, l’autre par le ministre de la justice, Gérald Darmanin, a précisé le cabinet.
« Le délit d’entrave à un spectacle existe. Ceux qui empêchent un concert de se tenir peuvent s’attendre à des sanctions », a commenté la ministre, citée par le Parisien. Outre les deux circulaires, Mme Pégard a également évoqué son intention de renforcer la loi de 2016 relative à la liberté de la création, à l’architecture et au patrimoine (Lcap), qui a instauré un délit spécifique en cas d’entrave, via un « plan interministériel ».
Ce dernier, présenté en avril, prévoyait d’émettre deux circulaires « pour rappeler le cadre juridique applicable et garantir une protection effective de la liberté de création sur l’ensemble du territoire ».
« Inadmissible »
Ces déclarations de Catherine Pégard faisaient écho au concert de la DJ Barbara Butch à Grenoble le 18 juillet, interrompu par une action de militants propalestiniens. « C’était inadmissible », a commenté la ministre, qui avait reçu l’artiste quelques jours après l’événement.
Le concert de l’artiste juive de 45 ans avait été interrompu au bout d’une vingtaine de minutes. La municipalité, qui a porté plainte, tout comme Mme Butch, a fait état de « jets de bouteilles en verre » et autres projectiles « visant délibérément la scène ».
Les militants reprochaient à la DJ sa participation en 2025 à un événement organisé à la résidence de l’ambassadeur de France en Israël, et d’avoir signé une tribune en faveur de la proposition de loi Yadan, qui visait à « lutter contre les nouvelles formes d’antisémitisme », contestée et retirée depuis.