Après l’attentat raciste de Trappes, le maire Ali Rabeh : « Le président de la République n’a pas été le protecteur qu’il aurait dû être »
Le maire de Trappes, Ali Rabeh (Génération.s), 41 ans, réélu en mars, revient sur l’attentat raciste qui a fait un mort et cinq blessés, vendredi 23 octobre, dans sa ville des Yvelines. Il déplore que les discours d’extrême droite aient « fini par pénétrer l’inconscient collectif », affirme en vouloir « aux politiques qui se disent républicains et qui ont repris les mots voire les lois de l’extrême droite » et appelle la gauche à « se réinterroger [lui] le premier, sur nos stratégies, notre discours, et pourquoi on n’arrive pas à convaincre… »
Le tireur présumé a déclaré avoir voulu venger les commerçants pillés le 17 octobre et s’en prendre aux « Noirs » et aux « Arabes ». Un exemplaire de « Mein Kampf » a été découvert à son domicile. Qu’est-ce que cela vous inspire ?
Il y avait peu de doutes, sinon Emmanuel Macron ne serait pas venu à Trappes. L’élément Mein Kampf prouve que nous sommes dans un long continuum idéologique : des discours nazis jusqu’aux propos récents de l’extrême droite. Il ne faut pas oublier que le Front national [devenu Rassemblement national (RN)] a été fondé par des anciens SS. Cette extrême droite n’a pas disparu avec la Résistance et la Libération, et elle est plus vive que jamais. Sauf qu’aujourd’hui, elle avance masquée. Elle fait semblant de se débarrasser des brebis galeuses mais, en réalité, c’est le même fond de sauce, avec la même dangerosité.
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