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Attentat de Trappes : la garde à vue de Kevin T. a repris lundi après un nouvel examen psychiatrique

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La garde à vue de Kevin T., suspect de l’attaque qui a fait un mort et sept blessés vendredi à Trappes et à La Verrière, dans les Yvelines, a repris lundi à 14 h 46 après une période d’observation psychiatrique, a annoncé Olivier Christen.

Le suspect, âgé de 39 ans et de nationalité française, « ne conteste pas la matérialité des faits » mais « conteste le caractère raciste de ces crimes », a précisé le magistrat, qui a ajouté qu’au moins 128 munitions ont été tirées au cours de son périple de douze kilomètres, qui compte huit scènes de crime.

Le bilan communiqué lundi fait état d’un mort, Pengo Bossio Wangi, 26 ans, de quatre blessés graves et de trois blessés légers. Trois personnes restent hospitalisées et l’une d’elles se trouve entre la vie et la mort. Une enfant de 11 ans, grièvement blessée, n’est plus en danger de mort depuis dimanche. Huit autres personnes directement visées par les tirs, dont une enfant de 12 ans, n’ont pas été blessées physiquement.

Le procureur a rappelé le périple de Kevin T., qui a débuté vendredi vers 10 heures à Trappes, avant qu’il soit interpellé sans résistance à 10 h 20 à Coignières par des policiers de la brigade anticriminalité de Saint-Quentin-en-Yvelines.

Une qualification terroriste assortie d’une circonstance raciste

Le Parquet national antiterroriste a ouvert une enquête pour assassinat et tentatives d’assassinats en relation avec une entreprise terroriste, avec la circonstance aggravante que les faits ont été commis en raison de l’appartenance réelle ou supposée des victimes à une prétendue race, une ethnie, une nation ou une religion.

Les investigations portent également sur l’acquisition et la détention d’armes de catégories A et B, des tentatives de destruction par un moyen dangereux et une association de malfaiteurs terroriste en vue de préparer des crimes contre les personnes. Olivier Christen a justifié cette saisine par l’existence d’un « périple meurtrier particulièrement préparé », l’usage d’un pistolet-mitrailleur et « le ciblage de nombreuses victimes, dont des enfants ».

« Le profil de la majorité des victimes et certains propos qui auraient été tenus par le mis en cause » ont par ailleurs conduit le parquet à retenir la circonstance aggravante raciste, a-t-il expliqué.

Dans sa Renault Clio, les enquêteurs ont découvert un pistolet-mitrailleur Sten de calibre 9 millimètres, des chargeurs, des éléments d’armes et de munitions, un pointeur laser, un couteau, une bombe lacrymogène, une paire de menottes et un brassard de police. « Je tiens à préciser qu’aucun tract d’un parti politique n’a été découvert dans son véhicule », a souligné le procureur.

Le suspect avait également piégé son appartement de Plaisir avec un dispositif au gaz comportant deux minuteurs. Malgré un montage décrit comme « assez basique et mal configuré », le système était « fonctionnel » et « de nature à détruire l’appartement et à endommager les appartements adjacents ». L’intervention du RAID a permis de faire baisser la concentration de gaz.

La garde à vue reprise après un nouvel examen psychiatrique

Initialement jugé compatible avec une garde à vue, l’état de santé de Kevin T. a nécessité plusieurs examens. Après « des actes autoagressifs » et « des propos incohérents », il a été transféré samedi dans une unité hospitalière de l’Hôtel-Dieu à Paris. Sa garde à vue a été levée dimanche à 18 h 30, après qu’un psychiatre eut préconisé une période d’observation pouvant durer quarante-huit heures à l’infirmerie psychiatrique de la Préfecture de police.

Un nouvel examen, réalisé lundi, n’a toutefois relevé ni « symptômes de décompensation aiguë » ni « signes directs ou indirects en faveur d’une activité hallucinatoire ou délirante », a rapporté Olivier Christen. Le psychiatre n’a pas constaté d’état justifiant une hospitalisation sous contrainte et a estimé que la garde à vue pouvait reprendre. Celle-ci peut, selon les délais légaux indiqués par le procureur, se poursuivre jusqu’à jeudi 29 octobre à 0 h 36.

Inconnu des services de renseignement, il avait fait l’objet de quatre condamnations pour des infractions de droit commun, la dernière en 2012, toutes réhabilitées de plein droit en raison de leur ancienneté. Les gardes à vue de quatre membres de son entourage familial et amical ont été levées dimanche soir, « sans suite à ce stade », a précisé le procureur.