Attentat raciste de Trappes : un homme condamné pour apologie du terrorisme à Marseille
Un homme de 45 ans, inspiré par l’auteur de l’attentat raciste de Trappes, a été condamné, mercredi 28 octobre, à Marseille à seize mois de prison, dont huit avec sursis, pour apologie du terrorisme – il purgera sa peine ferme sous bracelet électronique.
A la suite d’un signalement à la plateforme Pharos, où sont déclarés les contenus illicites sur Internet, les enquêteurs étaient remontés à Fabrice B. qui, le 26 octobre, deux jours après l’attentat raciste de Trappes – qui a coûté la vie à Pengo Bossio Wangi et a blessé sept autres personnes –, avait tenu des propos relevant de l’apologie sur un live TikTok.
Annonçant un événement devant se dérouler jeudi 29 octobre, il disait vouloir « massacrer » des musulmans tout en glorifiant l’acte de l’auteur des faits dans les Yvelines : « J’ai la haine, je vais devenir le nouveau Kévin », référence au nom de l’auteur de l’attaque, Kevin T.
Inconnu des services de police
Face au tribunal, le prévenu, en suivi psychiatrique depuis 2020 et ayant arrêté son traitement il y a deux mois, a expliqué « énormément regretter d’avoir dit des choses aussi ignobles ». « Mon cerveau a bloqué, ce soir-là, il y avait tellement de haine. Avec l’actualité de la semaine et tout ce qui s’est passé, je me suis énervé de voir mon pays comme ça. J’ai rajouté une couche qu’il ne fallait pas », a-t-il également déclaré.
Vivant isolé et d’une allocation adulte handicapé après des petits boulots comme disc-jockey, agent de sécurité sur le port de Marseille, Fabrice B., au casier judiciaire vierge, était inconnu des services de police et de renseignements. Assurant que ses propos ont « dépassé [s]a pensée », il a assuré « n’avoir jamais frappé quelqu’un. J’espère que personne ne m’a entendu et va faire une bêtise car je m’en voudrais toute ma vie ».
« On se lâche car on est derrière un ordinateur, on a l’impression d’être caché », a relevé le président, Thierry Bonifay. Dans ses réquisitions, la procureure, Mathilde Fontaine, a estimé que « le climat ambiant compliqué ne justifie en rien de tels agissements », déplorant « la banalisation d’un discours qui amène à un passage à l’acte tôt ou tard ». L’avocate de Fabrice B., Me Allison Mallia a appelé le tribunal à prendre en compte sa personnalité « fragile ».