Au Cenquatre, à Paris, le regard de Walid Raad sur les blessures du Liban
« Festival of (in)gratitude » : ainsi s’appelle l’exposition de Walid Raad au Centquatre, à Paris. Mais de quelle gratitude (ou ingratitude) s’agit-il réellement ? De celle que la population libanaise ne peut qu’éprouver vis-à-vis des puissances qui sont intervenues ou interviennent aujourd’hui dans son pays. Elles prétendent apporter la paix, la prospérité ou le salut des âmes, et n’y laissent que ruines et morts. Cette histoire, qui sous-tend toute son œuvre, est d’abord celle de l’artiste. Il est né, en 1967 à Chbaniyeh, dans la région du Mont-Liban. En 1983, il a dû quitter le pays et il vit depuis aux Etats-Unis, où il enseigne la photographie au Bard College.
Bien que sa notoriété soit établie depuis longtemps et qu’il ait participé à des manifestations de premier plan, de la Documenta de Cassel, en Allemagne, en 2002, 2012 et 2017, à la Biennale de Venise de 2026, il a été peu montré en France depuis sa venue au Carré d’art de Nîmes, en 2014. Pour autant, affirme-t-il, l’exposition qu’il a conçue pour le Centquatre n’est « pas une rétrospective », mais une réunion d’œuvres anciennes ou récentes liées par la continuité des événements, « depuis l’invasion de 1982 jusqu’à ce qui se passe aujourd’hui ».
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