Culture

Au festival Aix-en-Provence, Clément Cogitore surcharge d’images sa « Flûte enchantée »

Au festival Aix-en-Provence, Clément Cogitore surcharge d’images sa « Flûte enchantée »

C’est un Théâtre de l’Archevêché digne de sa légende urbaine qui a ouvert ce 2 juillet le 78e festival d’art lyrique d’Aix-en-Provence. Le petit vent qui érotise, la lumière du jour qui s’en va, la nuit bienveillante qui vient – et la musique de Mozart, dont La Flûte enchantée accueillait les débuts aixois et la seconde mise en scène d’opéra de Clément Cogitore après Les Indes galantes de Rameau de 2019 à l’Opéra Bastille, également partagée par le chef Leonardo Garcia Alarcon.

Il fait encore tout à fait jour lorsque retentissent les trois accords solennels qui marquent l’ouverture de l’opéra tandis que défilent sur le plateau des images d’archives de Berlin en ruine. L’histoire de la guerre s’invite en noir et blanc : femmes s’activant dans les décombres, enfants en déshérence, jouant ou dormant dans les gravats, effondrement d’immeubles, solitude.

C’est dans ce décor de terreur que le Prince Tamino surgit hors d’haleine, poursuivi par un énorme serpent. Le chanteur est scéniquement doublé par un enfant comédien, à qui ont été également confiées les parties de théâtre parlé en allemand (caractéristiques des récitatifs du Singspiel). Il en sera de même pour Pamina, incarnée par une petite fille vive et folle, aux longues tresses battantes.

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