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« Au Japon, le gouvernement nationaliste espère stimuler la croissance par les dépenses. Un loyer de l’argent plus coûteux vient contrarier ses plans »

· Business

L’économie japonaise s’est échouée, au début des années 1990, sur une plage du Pacifique. Et pendant des décennies, rien n’y a fait. Impossible, pour la quatrième puissance économique mondiale, de sortir de ce piège qu’est la déflation, autrement dit la baisse durable du niveau des prix. Ce cauchemar est passé, mais il en reste des séquelles. Cela explique pourquoi la hausse récente des prix de l’énergie constitue à la fois une mauvaise nouvelle et une bonne pour le Japon en quête de normalisation.

Dernière banque centrale à pratiquer des taux très bas, la Banque du Japon a augmenté d’un quart de point ses taux directeurs, mardi 16 juin, pour les porter à 1 %, un niveau qui n’avait pas été atteint depuis 1995. L’indice des prix a augmenté de 1,4 % en avril, bien en dessous des 2 % jugés critiques, mais le grand argentier justifie ce durcissement par la nécessité de juguler les tensions inflationnistes sous-jacentes. Le Japon, grand importateur de pétrole ou de produits agricoles, subit de plein fouet la montée des prix des hydrocarbures depuis la paralysie du détroit d’Ormuz. D’autant que la faiblesse historique du yen renchérit le coût des importations.

Cette hausse des taux ne peut qu’agacer la première ministre nationaliste, Sanae Takaichi. Son gouvernement avait espéré que ses mesures anti-inflation, destinées, entre autres raisons, à maintenir les prix à la pompe, ainsi que ses interventions pour soutenir le yen, inciteraient la Banque du Japon au statu quo.

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