Au MK2 Bibliothèque, à Paris, le cinéaste franco-sénégalais Alain Gomis et ses petites lumières
Une petite fille contemple la lumière qui sort d’un réfrigérateur, puis referme doucement la porte, jusqu’à ce que l’intérieur s’assombrisse. Cette apparition-disparition l’amuse, mais l’entraîne aussi dans des réflexions existentielles. Si l’éclairage peut disparaître d’un instant à l’autre, est-ce qu’il en va de même des proches ? D’expériences ludiques en mains posées sur les yeux, Fatima (Assy Fall) plonge l’écran dans le noir, retravaille le cadre et s’invente un monde qui n’appartient qu’à elle.
Petite lumière (2003), onirique court-métrage (15 minutes) d’Alain Gomis, avec ses éclats de récit, concentrait déjà, il y a plus de vingt ans, tout l’univers du cinéaste franco-sénégalais, né en 1972, auquel le Centre Pompidou – actuellement fermé pour travaux – consacre une rétrospective, du 7 au 20 octobre, au MK2 Bibliothèque, à Paris (13ᵉ arrondissement).
Intitulée « Histoires communes », la programmation permet de (re)découvrir les courts-métrages et les six « longs » d’Alain Gomis, le dernier en date étant le fabuleux Dao, sélectionné en compétition à la Berlinale, en février, ici présenté dans une version inédite de 3 h 24 (contre 3 h 05 lors de sa sortie en salle). Cette œuvre diluvienne est un saisissant ballet de caméras, captant une famille entre deux célébrations successives, d’un côté, un mariage en banlieue parisienne, de l’autre, un rituel de deuil en Guinée-Bissau.
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