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Au sein du service d’ordre du Rassemblement national, les méthodes du groupe de choc de « Kaiser »

· Politics

Jordan Bardella n’avait pas prévu de chanter si tôt La Marseillaise, dimanche 25 octobre, à Orléans. Son discours à peine commencé, le président du Rassemblement national (RN) a lancé l’hymne pour calmer ses troupes, « en attendant que les services de sécurité fassent leur travail » ; quatre minutes après sa montée sur scène, huit militants de l’Union des étudiants juifs de France (UEJF) tentent en vain de déployer sur sa droite une banderole contre le racisme et l’antisémitisme.

L’eurodéputé bouge à peine les lèvres quand le chant monte de la foule, concentré sur l’expulsion violente organisée en tribunes. Pour que son chef puisse reprendre au plus vite le fil de son texte, le parti a déployé dans les gradins des agents dont l’accoutrement tranche avec celui des membres classiques du Département protection sécurité (DPS), le service d’ordre historique du parti.

Le visage dissimulé sous un masque chirurgical noir, les mains recouvertes de gants à coques et l’allure sportive travaillée par des vestes sombres, plusieurs hommes se sont précipités sur les membres de l’UEJF. Ces derniers sont plaqués et molestés, au milieu de coups portés par des spectateurs. L’un d’eux sortira de la salle le nez en sang. Les avocats de l’UEJF ont annoncé le dépôt de plaintes pour « violences en réunion » et « dénonciation calomnieuse » (le RN accusant l’organisation d’avoir été elle-même violente), affirmant que « plusieurs étudiants ont été frappés, étranglés, insultés et menacés, avant d’être brutalement exfiltrés ».

Trois de ces agents au moins, selon les images du Monde, portent une tenue imitant celles de certaines unités d’intervention des forces de l’ordre. Ils arborent aussi à l’épaule ou sur leur sacoche un gros écusson rond sur lequel figure un aigle aux immenses ailes jaunes devant une tour Eiffel et portant l’inscription « Groupe action mobile 75 ».

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