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Au Théâtre de la Ville, à Paris, Alexander Zeldin recycle mal la tragédie de Sophocle dans « The Other Place, After Antigone »

· Culture

Concrets, précis, attentifs aux moindres détails, humanistes dans l’âme, les spectacles écrits et mis en scène par le Britannique Alexander Zeldin ont plus d’une fois, et à juste titre, bouleversé le public. Lorsque l’artiste, né en 1985, pose son regard sur les précaires ou les marginaux, il les révèle dans leur grandeur et leur vérité sans jamais sacrifier au pathos. Avec une rare acuité, il sait organiser en scène la cohabitation éphémère d’hommes et de femmes dont le passé et l’avenir importent moins que leur capacité à habiter le présent.

Mais ce talent a ses limites. En basculant de la saisie des instantanés vers une narration plus classique, articulant début, milieu et fin d’une histoire, le créateur anglais a perdu ce mordant qui le caractérise.

Programmée dans l’immense salle Sarah-Bernhardt du Théâtre de la Ville, à Paris, dans le cadre du Festival d’automne, sa dernière création, The Other Place, After Antigone, ne laissera pas un souvenir impérissable. Réunie dans une maison en rénovation dont les baies vitrées ouvrent sur un jardin sombre, une famille reconstituée s’affronte sur le fil ravivé d’Antigone, la tragédie de Sophocle. Le parcours de la jeune héroïne condamnée à mort par son oncle Créon pour s’être opposée à sa loi (elle veut une sépulture pour son frère mort alors que ce dernier a trahi le pays) est l’argument d’un texte qui prend des libertés avec sa source originelle.

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