Quand Audrey Vernon crée, en 2009, son one-woman-show économique Comment épouser un milliardaire, la comédienne et humoriste fait preuve d’un remarquable esprit d’anticipation. Taraudée par la question des inégalités, elle ne soupçonne pas encore que les ultrariches deviendront de plus en plus nombreux. Le monde vient de vivre la crise des subprimes, et la jeune femme, lectrice de Victor Hugo, de L’Ame de l’homme sous le socialisme, d’Oscar Wilde, est heurtée par la montée en puissance de la souffrance sociale et de ces images de retraités qui fouillent les poubelles.
A cette époque, cette Marseillaise montée à Paris pour devenir comédienne a décroché un programme court, « Une minute quotidienne » sur Canal+ Décalé, elle côtoie les auteurs des Guignols dans les couloirs de la chaîne privée et s’intéresse de plus en plus à la politique et à l’économie. Dans les rayons du Virgin Megastore, elle se plonge dans les essais de Thomas Piketty, Camille Landais ou Hervé Kempf, et lit les pages saumon du Figaro, L’Usine nouvelle, Challenges. Scandalisée par ce qu’elle découvre, elle se met en tête d’écrire sur les milliardaires. Et choisit l’humour comme arme de réflexion pour partager ses indignations sur scène.
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