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Autonomie de la Corse : un rejet du projet de loi serait « lourd de conséquences », prévient le nationaliste Gilles Simeoni

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Dans un entretien publié dimanche 14 juin dans La Tribune Dimanche, l’ex-président du conseil exécutif de Corse, Gilles Simeoni, met en garde contre un éventuel rejet du projet de loi constitutionnelle visant à reconnaître l’autonomie de l’île, dont l’examen débute mardi à l’Assemblée nationale.

« Si le Parlement nous ferme la porte au nez ou s’il nous envoie un signal négatif en édulcorant ce texte et en remettant en cause l’accord politique qui le sous-tend, l’un et l’autre validés par une très large majorité des élus de l’île, toutes strates et familles politiques comprises, ce sera lourd de conséquences perturbantes », déclare le maire de Bastia qui a démissionné de la présidence du conseil exécutif le mois dernier mais siège toujours en son sein.

Cette réforme accordant une « autonomie » à la Corse et une latitude dans l’adaptation de certaines lois et normes sur son territoire a été approuvée par les députés en commission début juin, mais le texte promet des échanges animés dans l’Hémicycle, où les avis restent divisés, y compris au sein de la majorité.

« Ce rendez-vous clôt un triple cycle : un cycle de plus d’un demi-siècle de combat, de crises, de violences, structuré par la revendication d’autonomie ; un cycle de plus de dix ans avec l’arrivée des nationalistes à la tête de la collectivité de Corse, où nous avons mis l’autonomie au cœur de notre projet politique », souligne l’élu, chargé de cette question et du suivi du processus devant le Parlement. « Et enfin un cycle entamé il y a quatre ans après l’assassinat d’Yvan Colonna et les manifestations violentes qui se sont ensuivies », ajoute-t-il.

Situation actuelle « intenable »

Lancé en 2022 par Gérald Darmanin, alors ministre de l’intérieur, à la demande d’Emmanuel Macron, pour mettre un terme à ces violences, le projet de loi constitutionnelle vise notamment à octroyer à l’île « une autonomie au sein de la République ».

Concrètement, les lois et règlements français pourront faire « l’objet d’adaptations justifiées » par les « spécificités » de l’île, sous conditions, selon le texte. La collectivité de Corse pourrait aussi « être habilitée à fixer les normes » adaptées à l’île.

Gilles Siméoni explique avoir rencontré de nombreux députés et sénateurs de tous bords politiques afin qu’ils « comprennent que la situation actuelle est intenable et qu’il faut faire le pari de la confiance ». Selon lui, les parlementaires sollicités « sont prêts à s’engager sur un chemin qui ouvre le champ des possibles ».

« Si en revanche c’était un échec, je serais très inquiet des conséquences politiques. Nous, nous ne renoncerons pas », insiste Gilles Simeoni.