Avec « Butterfly Jam », Kantemir Balagov filme rêves de grandeur et jalousies explosives dans un restaurant du bout du New Jersey
L’AVIS DU « MONDE » – À VOIR
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En deux portraits de femme proprement électrisants – Tesnota. Une vie à l’étroit (2017, sorti en France en 2018) et Une grande fille (2019) –, Kantemir Balagov, âgé aujourd’hui de 35 ans, s’est révélé comme l’étoile montante du cinéma russe. Cet élève du grand Alexandre Sokourov, à l’université de sa ville natale (Naltchik, Caucase du Nord), n’a toutefois pas eu le temps de mettre à profit cette réputation naissante, le durcissement ultranationaliste du pouvoir et le déclenchement de la guerre en Ukraine l’incitant à goûter – avec sa compagne, Kira Kovalenko, autre grande révélation du cinéma russe – le vent de la liberté aux Etats-Unis, où Donald Trump a été néanmoins réélu deux ans plus tard. C’est un peu le problème en ce moment, il n’y a plus tellement de lieux où fuir la fatalité humaine. Installé, à partir de 2022, à Los Angeles (Californie), Kantemir Balagov a alors disparu corps et biens des radars.
Butterfly Jam, son troisième long-métrage, qui sort, mercredi 7 octobre, dans les salles françaises, doit donc être considéré comme une première réponse circonstanciée à l’inquiétude qu’on se faisait de son sort. La mise en œuvre de ce film semble à elle seule le confirmer : ce n’est pas aux Etats-Unis mais bien auprès du producteur et homme d’affaires ukrainien Alexander Rodnyansky et du producteur français Pascal Caucheteux que le cinéaste a trouvé le soutien nécessaire à sa réalisation. Localisé dans le New Jersey pour les extérieurs, le film est, en réalité, tourné dans le nord de la France pour les scènes d’intérieur. Beau travail, on n’y voit que du feu.
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