Avec « Dégel », la réalisatrice Manuela Martelli plonge une petite fille dans le froid glacial de la grande histoire
L’AVIS DU « MONDE » – À VOIR
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De la glace et du feu, une silhouette évanescente, une ombre menaçante et quelques gouttes de sang. Les premières images de Dégel, le deuxième long-métrage de Manuela Martelli, plongent le spectateur dans une troublante atmosphère onirique, à la limite du fantastique, avec sa caméra qui hante les couloirs, zoome lentement dans le noir d’un siphon de lavabo. La réalisatrice chilienne cultive le mystère, sur une inquiétante bande-son minimaliste accompagnée d’un chœur. Ces premiers éléments disparates présentés de manière à frapper les esprits font peu à peu sens dans le corps du récit.
Le bout de glace tiré de la banquise est une image d’archive en lien avec l’exposition universelle qui s’est tenue à Séville (Espagne) en 1992. Le Chili y avait acheminé par bateau et camions frigorifiques un iceberg d’Antarctique vieux de 500 ans afin de le présenter dans son pavillon. Le pays, sorti de la dictature deux années plus tôt, avait à cœur de prouver qu’il était capable de relever de grands défis logistiques pouvant capter l’imagination du grand public.
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