Avec le documentaire « Ghost Elephants », le cinéaste Werner Herzog part sur les traces de pachydermes disparus
L’AVIS DU « MONDE » – À VOIR
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L’explorateur et chercheur sud-africain Steve Boyes a-t-il passé une partie de sa vie à la poursuite d’un vain rêve, fruit de sa seule imagination ? Voilà une question qui ne pouvait que passionner le cinéaste allemand Werner Herzog, lui qui, d’Aguirre, la colère de Dieu (1975) à Grizzly Man (2005) en passant par Fitzcarraldo (1982), a beaucoup filmé des antihéros habités par une forme de démesure dans la poursuite de chimères destructrices.
Personnage central de son nouveau documentaire Ghost Elephants, Steve Boyes n’est pas promis à un destin aussi épique ou tragique. Mais celui-ci a traqué, pendant une dizaine d’années, un troupeau de très gros éléphants sur les hauts plateaux subtropicaux de l’Angola, dans le sud-ouest de l’Afrique, sans savoir s’ils existent vraiment, puisqu’il ne les a jamais vus. « C’est ton Moby Dick », lui fait remarquer Werner Herzog dans le film, en référence au roman d’Herman Melville (1819-1891) sur un capitaine obsédé par un cachalot géant. Avec cette inconnue complémentaire, pour quelqu’un qui a passé autant de temps dans une telle entreprise de recherche, est-il plus fort de ne jamais réussir ? Comment l’achèvement de sa mission pourrait-il être à la hauteur du rêve ?
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