Avec « Soulèvement », Angelin Preljocaj capte les colères contemporaines
Prononcez le mot « soulèvement », toute la planète hurle et répond par des mouvements d’amplitude maximale, qu’ils soient politiques, sociétaux ou écologiques. Alors que le nouveau spectacle du chorégraphe Angelin Preljocaj, précisément intitulé Soulèvement, fait le plein jusqu’au 7 novembre au Théâtre de la Ville, à Paris, on y entend fort les échos des manifestations de tous bords qui remplissent les rues. En France ou en Albanie, pays des parents de Preljocaj, qui a accueilli cette pièce pour 12 danseurs en octobre à Tirana, sur fond de « révolution des flamants roses », les conflits explosent.
Rattrapé donc par l’actualité, comme il le dit dans le programme, le chorégraphe star de la danse contemporaine n’évite pas certains tableaux didactiques dans ce panorama des combats sociaux. Répercutées par des images projetées du Front populaire ou de la lutte contre l’apartheid en Afrique du Sud, la baston et la brutalité font partie de son sujet, comme ces mouvements de drapeau évidemment fabuleux.
Cette littéralité du propos, d’une incarnation plastique saisissante au milieu des fumigènes brandis par les interprètes, est débordée par un souffle épique et urgent. La narration est là, dribblée par la musique électro géniale d’Irène Drésel, qui fouette et caresse une danse touffue, toujours savante, secouée par un frisson profond.
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