Avocat, chanteur ou peintre, Paolo Conte et ses savants mélanges
A l’entrée du bâtiment, une plaque donne le « la » : « Avvocato Conte », est-il gravé avec gravité. L’intérieur est au diapason, qui ressemble à un cabinet d’avocat quelconque : étagères remplies de dossiers bien ordonnés, lustre à pendeloques, volets mi-clos sur la touffeur provinciale. C’est l’été à Asti, ville paisible du Piémont, dans le nord-ouest de l’Italie, et la ponctualité de l’étude s’en ressent. Me Conte aura un peu de retard, s’excusent ses collaborateurs.
En attendant, une loupe, disposée sur le bureau, invite à mieux inspecter la pièce. Des récompenses en divers métaux – or, argent, bronze – paradent sur une commode ; des affiches aux couleurs vives annoncent des concerts révolus ; des pinceaux patientent dans un coin, entre un chevalet et de petits mannequins en bois. Autant d’objets qui jettent le trouble sur les véritables activités de l’occupant des lieux : combien de plis, au juste, notre juriste a-t-il à sa robe – et de cordes à son arc ?
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