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Boris Charmatz : « En solo, le public est de toute première importance car c’est lui qui devient mon unique partenaire »

· Culture

Le chorégraphe Boris Charmatz, l’homme des grosses machines humaines, des groupes qui turbinent dans des espaces scéniques surdimensionnés, se livre en solo et nu comme la main dans Muette, dans le cadre du Festival d’Avignon, jusqu’au vendredi 24 juillet. A 53 ans, avec plus de trente ans de création derrière lui, cet artiste, passé par l’Ecole de danse de l’Opéra national de Paris, directeur du Centre chorégraphique national de Rennes de 2009 à 2018, puis de la compagnie du Tanztheater Wuppertal Pina Bausch, de 2022 à 2025, poursuit sa quête d’un art aventureux. Attiré par les soulèvements en tous genres, il jette le corps paradoxalement hors de lui-même et au plus près de lui dans un ressac de mouvements et de sensations infinies.

Vous venez de créer presque coup sur coup deux solos : « Somnole » (2021) et « Muette » (2026). Quelle place cette forme, très spécifique, tient-elle au cœur d’un répertoire composé, depuis vos débuts dans les années 1990, de nombreux spectacles pour de grands groupes d’interprètes ?

J’adore les formes collectives, mais le solo, que j’ai vraiment découvert avec Somnole en 2021, après la pandémie de Covid-19, a été une révélation pour moi, un déclic incroyable. Même si je démarre toujours une création par une période de recherche en solitaire avant de rejoindre le groupe, là, je me retrouve vraiment seul. Tout seul face à une page blanche, enfermé face à moi-même à chercher, fouiller, dans un temps très dilaté où je peux me permettre de travailler le jour ou la nuit, une heure ou plus. J’attends que le premier geste arrive, je l’efface, je recommence encore et encore. Je suis aussi un peu comme un enfant avec une boîte de Lego dont j’explore avec beaucoup de joie de nouvelles combinaisons.

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