Culture

« Brûle mes lettres », sur Arte Radio : une histoire d’amour faite de silences et de secrets

« Brûle mes lettres », sur Arte Radio : une histoire d’amour faite de silences et de secrets

ARTE RADIO – À LA DEMANDE – PODCAST

ARTE RADIO – À LA DEMANDE – PODCAST

C’est l’un des plus beaux sons produits par Arte Radio récemment. Qui s’écoute et s’entend à différents niveaux, croise la petite et la grande histoire, raconte la vie d’une femme dans les années 1960. D’une femme et d’une mère, celle du réalisateur Mehdi Ahoudig dont la voix et la sensibilité ont été récompensées par trois prix Europa, la plus haute récompense en matière de radio.

La rencontre commence à travers la lecture de quelques-unes des lettres que Françoise (la mère, donc) a écrites à Lahoucine (le père de Mehdi Ahoudig). Nous sommes à la fin des années 1950. Françoise est mariée à Jean avec lequel elle a eu deux filles. Ils vivent avec la mère de Françoise dans un deux-pièces près de la porte d’Orléans. Aide-soignante à la Pitié-Salpêtrière, la jeune femme y fait la connaissance de Lahoucine qui s’est fait percuter par un taxi en se rendant à l’usine. Il lui offre un pendentif avec une croix en or. Elle lui promet de lui écrire.

A la mort de sa mère, en 2017, Mehdi Ahoudig décide de se plonger dans ce passé pour « tenter de faire l’autopsie de cette passion amoureuse qui raconte une famille métisse de banlieue parisienne durant les “trente glorieuses” ». Il se rend alors chez l’une de ses demi-sœurs, issues du mariage avec Jean. Et chez Myriam, sa sœur aînée, grâce à laquelle il découvre un autre pan de son histoire : l’enfance que Mehdi Ahoudig « n’avait pas prévu d’explorer ».

Trop jeune à l’époque, il n’a pas vraiment de souvenirs sur ce que lui raconte Myriam : l’alcoolisme du père, sa violence, les coquards de la mère et les flics à la maison. Mehdi Ahoudig dit aujourd’hui n’avoir jamais enregistré ce père, mort en 1985. Il a bien tenté, lors de séjours au Maroc, d’en apprendre davantage sur lui : en vain. Comme il le dit si bien : « Le déplacement sur les lieux ne remplit pas les vides. »

Pouvoir du micro

Les vides et les silences constituent précisément l’un des grands sujets de ce bel unitaire. Ceux que l’on remplit. Ceux que l’on choisit de ne pas fouiller. A ce propos, Mehdi Ahoudig évoque le pouvoir du micro – ce qu’il autorise et fait advenir. « Je fais du podcast pour dire », dit-il.

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