Le tribunal administratif de Nice a suspendu, jeudi 6 août, un arrêté pris par la ville de Mandelieu-la-Napoule (Alpes-Maritimes) interdisant l’accès aux plages aux personnes portant une tenue manifestant de manière ostentatoire leur appartenance religieuse, dont le burkini.
Dans un communiqué, le tribunal, saisi par la Ligue des droits de l’homme (LDH), dit avoir constaté que la commune, « pour justifier d’un risque de trouble à l’ordre public durant l’été 2026, ne mentionne aucun incident récent », se bornant « à faire état de faits s’étant déroulés sur ses plages il y a respectivement quatorze et dix ans, ainsi que du contexte de tensions au sein de la population à l’échelle nationale ». Si bien que, pour le juge des référés, l’interdiction prise le 1er juillet n’est justifiée par aucun « risque avéré de troubles à l’ordre public » à cette date.
La commune, située sur la Côte d’Azur, près de Cannes, « n’apporte aucun élément permettant de démontrer que de telles tenues feraient courir un risque pour la sécurité des usagers de la plage et des baigneurs », si bien que l’interdiction « porte une atteinte grave et manifestement illégale à trois libertés fondamentales : la liberté d’aller et venir, la liberté de conscience et la liberté personnelle ».
Contacté par l’Agence France-Presse, le maire, Sébastien Leroy (Nouvelle Energie), affirme que « la ville de Mandelieu prend acte du jugement rendu par le tribunal administratif de Nice, de la déconnexion entre le droit positif et la réalité du terrain et ses défis à relever par les élus, ainsi que de la fidélité de la Ligue des droits de l’homme à ses grands combats existentiels : “le burkini, c’est la vie ; les crèches de Noël, à la poubelle” ». Le Conseil d’Etat avait déjà suspendu en 2023 un arrêté similaire, pris chaque été depuis 2012 par la municipalité de Mandelieu-la-Napoule.