Canicule : à Paris, le réseau électrique d’Enedis face à « des accumulations de chaleur inédites »
Il parcourt les rues de Paris comme un chercheur d’or marcherait sur une plage, prêt à ausculter le bitume avec un détecteur à la main, et des écouteurs aux oreilles. Cet agent d’Enedis, le gestionnaire du réseau public de distribution d’électricité, est plutôt un chercheur de défauts. Avec son binôme, il identifie les endroits précis où les câbles souterrains de la capitale ont claqué sous l’effet de la canicule, c’est-à-dire là où le courant a cessé de circuler. « Il faut se fier à l’écoute », souligne Youness Idouaza, technicien spécialisé dans ce type de recherche, dans les rues cossues du 17e arrondissement. Mais gare aux bruits parasites des piétons ou des voitures. « Même le bruit de chaussures à talon peut s’entendre », explique-t-il.
Raccordé au point de départ du câble, un « camion labo » injecte une tension de 16 000 volts, cadencée toutes les cinq secondes, pour déterminer la zone où s’est produit l’incident. En l’occurrence, ce vendredi 3 juillet au matin, à 560 mètres de distance.
Depuis le mois de juin, plus de 450 personnes ont été mobilisées à Paris par Enedis, dont une centaine de salariés d’entreprises prestataires, pour constater les dégâts liés à la chaleur et les réparer. Dans un bilan transmis au Monde, mardi 7 juillet, la filiale du groupe public EDF comptabilise 247 incidents sur son réseau parisien. La série a débuté le 25 juin, soit une semaine après le début de la canicule historique qui a frappé le pays tout entier. C’est environ un cinquième de tous les incidents recensés dans le pays, durant la même période, sur les lignes à basse et moyenne tension.
Il vous reste 70.82% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.