Catherine Comet, sociologue : « Au-delà de l’accumulation, la légitimation de la richesse est un enjeu central »
Catherine Comet est professeure de sociologie à l’université Paris-VIII et membre du Centre de recherches sociologiques et politiques de Paris, spécialiste des élites économiques. Elle publie, en septembre 2026, Milieux d’affaires et politiques publiques (Presses universitaires du Septentrion).
Qu’est-ce qu’être un riche aujourd’hui ?
La notion de richesse n’est pas facile à définir. C’est surtout le travail des économistes et des statisticiens. Mais on peut dire qu’il existe de multiples définitions de la richesse : soit en volume, en fixant un seuil – mais c’est toujours arbitraire –, soit par les distributions en matière de patrimoine ou de revenus – et le fait de conserver –, soit le premier décile, donc les 10 % les plus riches, soit les 1 % les plus riches, soit les 0,1 % les plus riches, voire les 0,01 % les plus riches. Et on obtient forcément des panoramas des riches très différents selon la définition retenue.
En France, l’Observatoire des inégalités fixe le seuil de richesse à deux fois le niveau de vie médian, soit près de 4 300 euros mensuels après impôts pour une personne seule. Le secteur financier, lui, a ses propres catégories, comme celle des « personnes à patrimoine très élevé », désignant des individus disposant de plus de 30 millions de dollars d’actifs à investir.
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