Dans une lettre manuscrite transmise à son avocat, Cédric Jubillar a reconnu être à l’origine de la mort de son ex-femme, Delphine Aussaguel, selon une information communiquée lundi 6 juillet par son conseil, Pierre Debuisson, à La Dépêche du Midi. « Il m’a remis un écrit détaillé en formulant des aveux de culpabilité », a déclaré ce dernier au quotidien régional.
A la mi-journée, ses deux avocats Pierre Debuisson et son père Guy Debuisson ont tenu une conférence de presse afin d’expliciter sa démarche. Dans un premier temps, Pierre Debuisson, a tenu à « rendre hommage à Delphine ainsi qu’à ses enfants ». Il dit espérer que cela leur permettra de faire leur deuil et « d’offrir une sépulture à leur maman ». L’avocat affirme néanmoins qu’aucune information précise sur la localisation du corps n’a été dévoilée, et que Cédric Jubillar réservera ses informations à la justice. « Il se tient à la disposition des enquêteurs », assure-t-il.
« Mon client avait un besoin profond de parler », poursuit Pierre Debuisson qui dit avoir développé avec Cédric Jubillar une « relation de confiance » qui l’a amené à se confier il y a quelques semaines : « il m’a dit “c’est moi qui suis à l’origine de la disparition de ma femme” ». Disparition qui aurait eu lieu lors d’une énième dispute, explique Me Debuisson. « Puis tétanisé quand il a réalisé son geste, il a voulu épargner cette vision à ses enfants et a pris la décision de déplacer le corps afin de les épargner ». L’homme est alors pris dans un « engrenage », selon les mots de son avocat.
Des conditions de détentions dénoncées par ses avocats
Guy Debuisson déplore, lui, les conditions de détention de Cédric Jubillar, placé depuis près de cinq ans à l’isolement. Il dénonce aussi l’obligation qui lui a été faite, selon lui, de prendre de puissants médicaments qui le « rendait comme un légume ». Son conseil assure que « tout est à revoir dans l’enquête », ce qui pourrait donner lieu, estime-t-il, à une demande de report de son procès en appel. Guy Debuisson insiste sur le fait qu’il donne un « total crédit » aux déclarations de son client et précise qu’il « n’avoue pas un meurtre » mais « reconnaît être à l’origine de la mort de son ex-femme ». Les prochaines étapes ? Il faut qu’il soit entendu, que des fouilles effectuées, des analyses sur le corps de Delphine et que soient ordonnées de nouvelles expertises psychologiques, reprend Guy Debuisson.
De plus, Pierre Debuisson a assuré que ce travail psychologique de « mise en confiance » a été fait avec l’aide d’une tierce personne – qui souhaite rester anonyme et qui se tient à disposition de la justice – qui venait lui rendre visite régulièrement. Aucune précision sur son lien avec le détenu n’a été apportée. « S’il n’avait pas été placé à l’isolement il aurait fait ses révélations avant », affirme ce dernier. « Bien sûr, il regrette, il fait face au pire geste de toute sa vie », reprend Pierre Debuisson, qui estime que cet isolement ne se justifie pas pour ce qui s’apparente, selon lui, à un « crime passionnel ». Aucun détail de la lettre ne sera pour l’heure communiquée à la presse puisque les détails seront donnés par Cédric Jubillar à la justice, assurent les deux avocats.
Le 17 octobre 2025, le peintre-plaquiste de 38 ans avait été reconnu coupable du meurtre de son épouse, une infirmière de 33 ans dont le corps n’a jamais été retrouvé, et condamné à trente ans de réclusion criminelle. La cour d’assises du Tarn avait estimé que le meurtre de Delphine Aussaguel était « caractérisé », affirmant en outre n’avoir pas été convaincue par les déclarations de l’accusé.
La juridiction avait également estimé que des témoignages recueillis, le fait que la personnalité de l’accusé était « compatible » avec le passage à l’acte, ainsi que sa non-acceptation du départ de son épouse pour un autre homme, constituaient des éléments suffisants pour établir sa responsabilité dans la disparition de son épouse, survenue en décembre 2020 à Cagnac-les-Mines, dans le Tarn. Détenu à l’isolement à la prison de Toulouse-Seysses depuis juin 2021, Cédric Jubillar s’était, jusqu’ici, toujours dit innocent.