« Je viens de raccrocher avec mes frères, l’un sur Telegram, l’autre sur WhatsApp. Internet fonctionne [en Russie]. Aucune pénurie d’essence. » Voilà les dernières nouvelles que Xenia Fedorova donnait de son pays natal, le 27 juillet, sur son compte X, déplorant la supposée désinformation déployée par les médias français – en l’occurrence cette fois L’Express – sur les conséquences des frappes ukrainiennes à Moscou et ailleurs. Comme un bras d’honneur ? Deux jours plus tard, la propagandiste pro-Poutine, chroniqueuse régulière des médias du groupe Bolloré, est déclarée indésirable en France.
Mercredi 29 juillet, le ministère de l’intérieur a ordonné son expulsion immédiate du territoire français. Une décision souveraine qui lui retire de facto son titre de séjour et lui interdit de travailler dans l’Hexagone. Pour la France, le « comportement » de Xenia Fedorova, de son vrai nom Ksenia Borchik, « porte atteinte aux intérêts fondamentaux de l’Etat », et sa présence sur le territoire français « constitue pour ce motif une menace particulièrement grave et actuelle pour l’ordre public », indique l’arrêté longuement étayé. L’avocat de Mme Fedorova, Me Emmanuel Piwnica, a annoncé que sa cliente allait immédiatement former un recours contre une « atteinte grave à la liberté d’expression d’une journaliste qui a toujours exercé son activité de manière la plus convenable qu’il soit ».
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