Concert interrompu de Barbara Butch : 300 personnalités dont Alain Chabat et les frères Dardenne signent une tribune de soutien à la DJ
Musiciens, auteurs, comédiens, dirigeants de lieux culturels, chercheurs… Quelque 300 personnalités, dont Alain Chabat, Géraldine Nakache et les frères Dardenne, ont cosigné, mardi 21 juillet, une tribune pour soutenir la DJ juive Barbara Butch après son concert interrompu à Grenoble par des militants propalestiniens et La France insoumise (LFI).
« Barbara Butch n’est pas attaquée pour ses œuvres, ses prises de parole ou ses actes. Elle est visée à travers des imaginaires antisémites et LGBTphobes dont l’histoire est ancienne », écrit Jonas Pardo, auteur de cette tribune dans le journal Libération et directeur de l’association Boussole antiraciste.
« La défense des droits du peuple palestinien est un combat urgent, légitime et nécessaire. Mais elle ne saurait justifier la diffusion d’accusations infondées visant une personne en raison de son identité ou de supposées appartenances, ou même de ses opinions », affirme encore la tribune titrée « Agresser une DJ juive ne libérera pas la Palestine ».
Parmi les signataires se trouvent les acteurs Alain Chabat, Géraldine Nakache, Vincent Elbaz et Ludivine Sagnier, les réalisateurs Jean-Pierre et Luc Dardenne, le dramaturge et directeur du Festival d’Avignon Tiago Rodrigues, l’autrice Marie Darrieussecq, l’historien Patrick Boucheron ou encore la sociologue Eva Illouz.
Une enquête ouverte
Le parquet de Grenoble a ouvert, mardi, une enquête pour « délit d’entrave concertée aux libertés », après l’interruption samedi soir d’un concert de la DJ, insultée, visée par des projectiles et exfiltrée de la scène lors d’une action de militants propalestiniens et de LFI. Ce concert faisait l’objet d’un appel au boycott, notamment de la part de l’antenne grenobloise de La France insoumise, après la signature, par l’artiste juive, d’une tribune en soutien à la contestée proposition de loi Yadan qui visait à « lutter contre les nouvelles formes d’antisémitisme » et a depuis été retirée. Dans
« Désigner à la vindicte des individus issus d’une minorité sous prétexte de s’opposer à leur opinion, réelle ou supposée, n’a rien à voir avec l’exercice du débat démocratique », énonce la tribune.
« L’antisionisme invoqué n’a été, à Grenoble, que le vêtement de l’antisémitisme », avaient estimé, lundi, la DJ et son avocate Audrey Msellati dans une tribune au Monde, dans laquelle elles précisent que des plaintes sont « prêtes ».
La DJ de 45 ans avait déjà regretté, en avril sur Instagram, que « tout le monde fasse des amalgames entre la politique israélienne et le fait d’être juif ».
Figure des nuits parisiennes LGBTQ + avec son univers électro-disco, Barbara Butch avait déjà été ciblée par un cyberharcèlement mêlant grossophobie, lesbophobie et antisémitisme, après sa participation à la cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques de 2024 à Paris.