Accord de paix ou pas, détente durable ou non entre son pays d’origine, l’Iran, et son pays d’accueil, les Etats-Unis, Shayan Hesabi n’affichera pas le moindre soutien à l’équipe iranienne de football pendant le Mondial 2026. A aucun prix et sous aucun prétexte il n’ira encourager la Tim-e melli-e, qui affronte la Nouvelle-Zélande, lundi 15 juin en début de soirée (à 3 heures, heure de Paris), au SoFi Stadium de Los Angeles. Pas question, pour ce conseiller à l’immigration installé à Irvine, au sud de la métropole californienne, d’aller applaudir l’équipe de son pays natal.
Il ne s’agit pas là d’une question d’argent, comme souvent. Même si, « au prix des billets, on peut se payer un tour d’Europe et visiter sept ou huit stades de grands clubs européens », sourit ce passionné de football, fondateur et président du Irvine Football Club, auquel il a donné un logo très inspiré de celui du Real Madrid. Il s’agit plutôt d’un geste de soutien adressé à ses compatriotes hostiles au régime islamique au pouvoir depuis 1979. « Au début de l’année, le gouvernement a tué plus de 40 000 personnes en seulement deux jours, rappelle-t-il (l’organisation non gouvernementale Human Rights Activists News Agency évalue à au moins 7 000 le nombre de civils tués les 8 et 9 janvier). Puis ils ont fermé l’accès à Internet pendant plus de cent jours. Alors, nous, les Iraniens qui vivons à l’étranger, nous avons décidé d’être le porte-parole du peuple iranien. »
Dans une autre vie, pas si lointaine, Shayan Hesabi, 38 ans, rêvait d’une carrière de footballeur professionnel. Il avait « toutes les qualités d’un meneur de jeu », dit-il, qui l’aidaient à passer d’un club à l’autre à Téhéran, en se rapprochant des meilleures formations de la capitale iranienne. Il était jeune, musulman « déterminé mais pas radical », ni pour ni contre le régime des mollahs. Mais, en 2007, alors qu’il avait 19 ans, sa vie a pris une tournure inattendue quand il a « trouvé une bible ». Il s’est plongé dans la lecture de l’Evangile selon Matthieu avant de fréquenter une « église souterraine » et de prier avec ses nouveaux coreligionnaires.
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