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Coupe du monde 2026 : défaite par l’Equateur, l’Allemagne se qualifie à la première place du groupe E sans avoir prouvé grand-chose

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Il ne fallait pas s’être trompé de fuseau horaire, jeudi 25 juin, pour suivre les démêlés entre l’Allemagne et l’Equateur d’un côté, la Côte d’Ivoire et le Curaçao de l’autre, dans cette poule E qui aura baroudé du Texas au Canada en passant par le Midwest, pour finir sur la Côte Est. Trois buts ont ponctué les 10 premières minutes de jeu, lançant une belle après-midi de football : l’Allemagne se qualifie à la première place (ce dont elle était déjà assurée avant la rencontre), malgré sa défaite à New York face à l’Equateur (1-2), qui finit 3e et verra également les 16es de finales ; dans l’autre rencontre, la Côte d’Ivoire prend la deuxième place du groupe après sa victoire (2-0) à Philadelphie face au Curaçao, qui finit dernier.

Pour les Elephants ivoiriens, il s’agit de la première qualification pour une phase finale de Coupe du monde, et cet accomplissement historique pour le pays n’aura pas été sans peine face à ce petit pays des Caraïbes, qui compte moins d’habitants que Le Havre ou Toulon. Le but de Nicolas Pépé, dès la 7e minute de jeu, avait mis la Côte d’Ivoire sur les bons rails, mais l’équipe est restée sous la menace de leurs valeureux adversaires du soir, jusqu’à la 64e minute et le doublé de l’ailier de Villarreal. 83e au classement FIFA, le Curaçao a réussi à faire jeu égal avec l’Equateur (0-0), à inquiéter la Côte d’Ivoire, et se sera fait étriller par l’Allemagne (7-1), ce qui est somme toute logique.

Il faut d’ailleurs ici rendre grâce à la Mannschaft de ne pas avoir galvaudé l’équité sportive lors de cette dernière journée de poules. On l’a dit, l’équipe était déjà assurée de la première place du groupe avant la rencontre. Ce qui n’a pas empêché Julian Nagelsmann d’aligner quasiment son onze titulaire, et tant pis pour les coiffeurs, qui ont surtout vu la deuxième mi-temps. L’entraîneur allemand a manifestement considéré que, dans une compétition plus étirée qu’à l’accoutumée, le rythme et l’enchaînement des rencontres prévalent sur le risque de blessure et la diplomatie interne du groupe.

Pas l’impression d’une grande sérénité

Le problème demeure que ce choix respectable n’a vraiment pas été couronné de succès. L’Allemagne termine la phase de poule à une première place confortable mais sans avoir prouvé grand-chose. Elle a déroulé face au Curaçao, ce qui n’impressionnera personne, elle a battu la Côte d’Ivoire sur un but dans les arrêts de jeu et elle a perdu contre l’Equateur. Il est difficile d’extrapoler à partir d’un match sans enjeu, mais l’impression laissée jeudi n’est pas celle d’une grande sérénité.

Tout était pourtant réuni pour que l’Allemagne passe une après-midi tranquille, après le but clinique de Leroy Sané, dès la deuxième minute de jeu, sur une remise de Florian Wirtz. Mais l’Equateur, qui s’était incliné lors de son premier match face à la Côte d’Ivoire, et avait été accroché ensuite par le Curaçao, était venu avec d’autres intentions, porté par un public beaucoup plus nombreux que celui des Allemands, dans les travées du stade de New York-New Jersey.

La Tri a égalisé à peine quelques minutes après son entame de jeu catastrophique, sur une belle frappe décroisée de Nilson Angulo, l’ailier de Sunderland. Les Equatoriens ont ensuite pris le contrôle du jeu, tout du moins jusqu’à la première pause hydratation, qui est venue quelque peu casser leur domination. On ne dira jamais assez de mal de l’introduction de ces quart-temps, tant ils faussent la dynamique des rencontres : il faisait un temps parfait pour jouer au football, ce jeudi après-midi dans le New Jersey, et la seule soif à étancher au bout d’à peine 25 minutes de jeu était celle de la FIFA et des diffuseurs pour les revenus publicitaires.

Après plusieurs actions dangereuses de la Tri (et un penalty accordé puis finalement refusé à la Mannschaft en début de deuxième mi-temps), c’est finalement à la 78e minute que l’Equateur est parvenu à faire la différence, sur un ballon coupé devant le but par Gonzalo Plata, déclenchant l’hystérie du public. Il y avait alors une forme de logique, tant les Sud-Américains dégageaient davantage d’envie sur le terrain, quand bien même les Allemands alignaient plus de talents sur le papier.

Avec ses quatre points, l’Equateur arrache sa qualification, en s’assurant déjà de figurer parmi les meilleurs troisièmes, avant les dernières rencontres de groupe. Il faut remonter vingt ans en arrière pour voir la Tri sortir des poules : c’était en 2006, en Allemagne, après un troisième match de poule contre la Mannschaft, déjà. A l’époque, elle avait perdu 3-0.