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Coupe du monde 2026 : l’équipe de France se méfie du Paraguay avant son huitième de finale prévu dans une chaleur suffocante

· Sport

Evidemment, sur le papier, le rapport de force semble très inégal. L’équipe de France, portée par son attaque de feu et considérée comme l’un des principaux favoris de la Coupe du monde, affronte le Paraguay, samedi 4 juillet, en huitième de finale du tournoi. Lors de cette rencontre qui se jouera au Lincoln Financial Field de Philadelphie (Pennsylvanie), les Bleus espèrent valider leur billet pour les quarts (face au Maroc ou au Canada), en venant à bout d’un adversaire qui semble largement à leur portée. Après tout, l’Albirroja n’est que 34e au classement FIFA, le rang le plus bas de toutes les sélections encore en lice en huitième de finale. Ses joueurs n’ont pas le même statut que les vedettes tricolores, qui ont survolé la phase de groupes (trois victoires en trois matchs) avant une démonstration de force en seizième de finale face à la Suède (3-0). Donc, a priori, les Français ne devraient pas avoir de souci à se faire. Sauf qu’il s’agit de football, un domaine où la glorieuse incertitude du sport demeure.

Didier Deschamps le sait mieux que personne. L’expérimenté sélectionneur a donc repris le discours qu’il répète à l’envi depuis plusieurs semaines : il faut rester vigilant et ne surtout pas prendre de haut le Paraguay, qui a réussi à éliminer l’Allemagne (1-1, 4-3 aux tirs au but), au tour précédent, à la surprise générale. « C’est une équipe de qualité, qui va se battre de la première à la dernière minute », a prévenu le Basque, vendredi, lors d’une conférence de presse. « Ils vont jouer leur coup à fond. Ils n’ont rien à perdre », a-t-il mis en garde, en insistant sur « l’agressivité » et la « capacité à bien défendre » des Sud-Américains.

Alors que les Tricolores ont l’objectif d’aller chercher le titre suprême, pas question de se faire surprendre et de connaître une sortie de route prématurée. Ces derniers jours, les Bleus ont d’ailleurs dit s’attendre à un rendez-vous « compliqué », en soulignant la nécessité de « prendre au sérieux » cet adversaire, réputé pour sa hargne.

L’équipe de France est bien placée pour le savoir : en 1998, avant de remporter le Mondial, elle avait affronté le Paraguay, à Lens, en… huitièmes de finale. Pendant 113 minutes, elle s’était heurtée au gardien adverse, José Luis Chilavert, avant de trouver la faille grâce à Laurent Blanc. « Dès le départ, on rencontre d’énormes difficultés. On tombe face à une équipe encore plus défensive que nous, avec des types qui jouent leur vie sur tous les ballons, racontera ce dernier au Monde, en juin 2018. C’est sur ce match qu’on maîtrise le moins notre sujet et où on est le plus près de basculer du mauvais côté. »

Des « guerriers »

Vingt-huit ans après, les Bleus s’attendent à nouveau à un rude combat face à des joueurs que leur sélectionneur, Gustavo Alfaro, a qualifié de « guerriers ». « On sait qu’ils défendent beaucoup et qu’ils mettent des coups », a déclaré l’attaquant Bradley Barcola, jeudi. Mais pas seulement. « Le Paraguay est une équipe accrocheuse mais elle a aussi des qualités pour exploiter les contres, avec des attaquants rapides », a souligné le défenseur Jules Koundé. Parmi eux figurent notamment le joueur de Strasbourg Julio Enciso ou celui d’Atlanta, Miguel Almiron.

Le défi, pour les finalistes de la dernière édition, devrait être de réussir à percer la muraille adverse, avec des joueurs positionnés en bloc bas, afin de protéger au mieux leur but. Pour résumer l’organisation prudente qu’il va mettre en place, le sélectionneur uruguayen a résumé de manière imagée : « La France est une tempête et il va falloir trouver comment se protéger de ses éclairs », a-t-il déclaré, vendredi, en évoquant la rencontre « la plus complexe » dans l’histoire de sa sélection.

Un paramètre pourrait influer sur le sort de cette confrontation : la chaleur. Samedi, quand le match débutera à 17 heures (heure locale, 23 heures à Paris), la température sera de 38 °C, selon les prévisions, et l’air très chargé en humidité. Depuis plusieurs jours, une canicule s’est abattue sur l’est des Etats-Unis.

Si les joueurs français disent « avoir l’habitude » et ne pas avoir d’autre choix que de « s’adapter », cette atmosphère suffocante sera une vraie épreuve pour l’ensemble des acteurs. Des conditions à même de niveler l’affrontement à venir et de profiter à l’équipe prête à faire le dos rond ? « La météo sera sûrement compliquée avec une forte chaleur, mais ce sera la même pour les deux équipes », a éludé Désiré Doué, vendredi, devant la presse. A son tour, Didier Deschamps a dit « ne pas faire de fixation » sur cet élément, qui peut avoir, selon lui, « une incidence » sur les deux formations. Même constat du côté du sélectionneur paraguayen : « Nous sommes habitués à la chaleur, mais nous en souffrons quand même », a-t-il observé.

L’effervescence est de mise à Philadelphie, une ville considérée comme le berceau de l’Amérique, où culmineront en ce 4 juillet les célébrations des 250 ans de l’indépendance des Etats-Unis. Une ambiance qui inspire Désiré Doué. « On espère qu’on pourra participer à la fête avec une très belle victoire », a-t-il affirmé. Vu le potentiel et les ambitions des Bleus, avec un Deschamps qui participe à son dernier tournoi sur le banc, difficile d’envisager un autre scénario, tant une défaite à ce stade ressemblerait à une catastrophe industrielle.