Culture

Dans « Ton animal maternel », Valentina Maurel filme le fardeau des liens familiaux

Dans « Ton animal maternel », Valentina Maurel filme le fardeau des liens familiaux

L’AVIS DU « MONDE » – À VOIR

L’AVIS DU « MONDE » – À VOIR

Présenté en mai à Cannes dans la sélection parallèle Un certain regard, Ton animal maternel, deuxième film de la cinéaste costaricaine Valentina Maurel, est reparti avec un Prix d’interprétation féminine décerné à trois de ses actrices principales, à l’image de sa trame autobiographique, qui préfère le chœur au portrait individuel.
Après des études en Belgique, Elsa (Daniela Marin Navarro), 28 ans, retourne au Costa Rica, où, au sein de la bouillonnante capitale, San José, elle retrouve les proches qu’elle y avait laissés : un père à l’ouest, obnubilé par sa nouvelle relation amoureuse avec une femme trop jeune pour lui ; une mère écrivaine, qui prépare la réédition d’un recueil de poèmes érotiques datant de sa jeunesse. Et puis une sœur, Amalia (Mariangel Villegas), 20 ans, un peu sur le fil : Elsa s’inquiète de la voir se tourner vers des croyances de plus en plus ésotériques. Habitant seule dans la maison familiale, elle a fini par en ouvrir les portes à une bande de marginaux pas nets et bien plus âgés qu’elle.

Entre tous ces thèmes et ces préoccupations, le scénario de Valentina Maurel ne tranche jamais. Il ne cesse d’ajouter des visages, des personnages annexes – des amants, une vieille nourrice –, contourne et épaissit largement le programme de son titre, issu d’un poème de la propre mère de la réalisatrice, Ana Istaru, poétesse reconnue en Amérique centrale, qui écrivait : « Tu naîtras, mais pour toujours je suis ton animal maternel. »

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