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Derrière les « plans Thaïlande » proposés sur les réseaux sociaux, une filière massive d’importation de cannabis

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La petite annonce publiée sur Snapchat avait le parfum de l’aventure. « Plan Thaïlande » inscrit en lettres capitales, sur un décor mêlant falaises de Phuket et temple doré. Trois mots – « voyage, mission, rémunération » – résument cette offre alléchante. La combine, promue comme un job d’été, consiste à ramener du matériel informatique dans ses bagages du retour, en échange de vacances tous frais payés au « pays du sourire ». Depuis le début de l’été, une quinzaine de jeunes Français, attirés par cette promesse, parfois rehaussée d’une « prime » de 1 000 ou de 1 500 euros, croupissent dans les prisons thaïlandaises. Leurs sacs, déballés par les douaniers de l’aéroport de Bangkok, étaient remplis d’herbe de cannabis.

Ibrahim, 18 ans, originaire de la Somme, fait partie de ce contingent. Mais c’est à Hongkong, où il a été arrêté, que le jeune homme est emprisonné. Lui aussi avait répondu à une offre pour transporter ce qu’il croyait être des smartphones, à l’issue de trois semaines en Thaïlande. Ce sont en réalité 16,8 kilos de cannabis qui alourdissaient son bagage. « Le phénomène des coursiers n’est pas nouveau : avant le Covid-19, par exemple, il y avait des gens qui venaient d’Afrique ou d’Amérique du Sud avec des pochons dans l’estomac. Désormais, les offres sont présentées comme des sortes d’emplois-jeunes pour transporter des téléphones, ou encore des montres ou des diamants », réagit Romain Pierre Levaire, son avocat, basé à Hongkong. Son client, dont les messages téléphoniques sont analysés par les enquêteurs locaux, afin de caractériser sa connaissance ou non de l’aspect délictuel du trafic, risque jusqu’à huit ans d’emprisonnement en Chine.

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