Derrière l’évasion d’un détenu dans un sac à linge, des soupçons de corruption, des failles et le rôle trouble d’une surveillante de prison
« Tu as pris tout Corbas ? » Le 11 juillet 2025, vers 9 heures du matin, le surveillant B. interroge d’un air amusé un jeune détenu, sur le point d’être libéré, poussant laborieusement un chariot chargé de bagages volumineux en direction de l’entrée de la maison d’arrêt de Lyon-Corbas, dans la Métropole de Lyon.
Le fonctionnaire ne croit pas si bien dire. Dans l’un des sacs à linge, renforcé de l’intérieur pour supporter le poids d’un homme, se cache le compagnon de cellule de ce prisonnier en fin de peine. Allongé face à la fermeture Eclair, Elyazid A., 20 ans, respire à l’aide d’une paille de brique de jus de pomme et de plusieurs petits trous faits à la va-vite. Déposé par son complice derrière un bosquet à l’extérieur de la prison, il sort son 1,72 mètre du sac, s’habille et prend la fuite. Le subterfuge n’est découvert – officiellement, du moins – que le lendemain midi, soit plus de vingt-quatre heures plus tard.
Cette évasion, qui fait les gros titres durant l’été, est alors qualifiée de « grave » et d’« inédite » par les autorités. Les premières hypothèses émergent : le mode opératoire, aussi inattendu qu’audacieux, a probablement trompé un personnel de prison déjà mis sous tension par la surpopulation carcérale et les conditions de travail dégradées. Sur BFM-TV, un représentant de l’administration pénitentiaire évoque des « erreurs matérielles », « éventuellement des fautes », mais assure ne disposer d’« aucun élément permettant de dire qu’il y a eu complicité interne ».
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