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« Des Fleurs pour Tokyo » : retrouvailles amères dans le dédale de la capitale japonaise

· Culture

L’AVIS DU « MONDE » – À VOIR

L’AVIS DU « MONDE » – À VOIR

Présenté à la Quinzaine des cinéastes en 2025, Des Fleurs pour Tokyo est le premier long-métrage du japonais Yuiga Danzuka, réalisé à l’âge de 26 ans (il en a aujourd’hui 28). Le film, « à la mémoire de [s]a mère et de la ville », se présente comme un drame familial, doublé d’un portrait intime de la capitale nippone. Ren (Kodai Kurosaki) et sa grande sœur, Emi (Mai Kiryu) ont grandi en l’absence de leur père, Hajime (Kenichi Endo), architecte-paysagiste de renom qui a toujours privilégié sa carrière aux dépens de sa famille. Devenus adultes, les deux restent hantés par la séparation parentale, comme par la mort de leur mère. Ren végète dans un emploi de livreur de fleurs, Emi s’apprête à se marier sans conviction. Lors d’une course, Ren retombe nez à nez avec ce paternel oublieux : l’heure des explications a sonné.

Aux effusions du mélodrame, le film préfère un certain laconisme d’atmosphère : ce sont ici les ellipses, les silences, les regards, qui disent les blessures des personnages et leurs recompositions affectives. Yuiga Danzuka procède par décalages successifs, passant de conversations douloureuses (la séparation des parents en préambule) en déambulations cocasses (Ren traversant la ville chargé de ses énormes bouquets d’orchidées), d’inserts documentaires (un complexe commercial désigné comme le « projet signature » d’Hajime) en délicates bouffées fantastiques.

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