Des petits ateliers aux grandes maisons, la joaillerie ravive un secteur du luxe à la peine
Des grilles, un terminal biométrique pour identifier tous les salariés, un sas de sécurité et des caméras. Dès le hall d’entrée de cette usine française de joaillerie, dont l’adresse doit être tenue secrète, on vous prévient : « Vous serez filmé tout au long de votre visite. » Rares sont les fabricants français de bijoux à ouvrir les portes de leur site de production où pierres précieuses, lingots d’or et barrettes d’argent sont sertis, fondus et transformés.
A la suite de « braquages » et de « prises d’otage de salariés à domicile », les industriels du bijou et les sous-traitants s’imposent « plus que jamais (…) la discrétion », explique, sous le couvert de l’anonymat, le directeur général d’un spécialiste du diamant, en renonçant à parler de son activité. Et, pourtant, toute la filière pourrait prétendre à davantage de publicité : elle ne connaît ni crise, ni baisse de ses exportations, ni gel des embauches. Au contraire.
Johann Rupert en rit. « Avant, la joaillerie était un business jugé très ennuyeux. Désormais, il est devenu sexy », raillait le président du conseil d’administration du groupe de luxe suisse Richemont, lors de la présentation des résultats annuels, vendredi 22 mai. Avec quelque 22,4 milliards d’euros de chiffre d’affaires, l’entreprise voit tous ses concurrents fondre sur le marché mondial du bijou, qu’il domine grâce à la marque Cartier.
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