Ecoles catholiques des Lasalliens : la congrégation demande pardon aux victimes et lance un audit
La congrégation des Frères des écoles chrétiennes a demandé, vendredi 24 juillet, pardon aux anciens élèves victimes d’agressions sexuelles ou de violences physiques dans des établissements du réseau catholique des Lasalliens et a annoncé le lancement d’un audit confié à une commission indépendante.
« Nous avons bien conscience qu’aucune parole n’est à la hauteur du mal commis », ont écrit dans un communiqué transmis à l’Agence France-Presse (AFP) les 30 frères administrateurs des écoles chrétiennes de France et d’Europe, qui assurent ressentir « de la honte pour les actes commis dans le passé par certains de nos confrères ».
Et de poursuivre : « Il nous revient pourtant de la porter avec gravité et donc au nom de la famille religieuse des Frères des écoles chrétiennes en France, nous demandons pardon aux victimes. » Cette congrégation fondée par Jean-Baptiste de La Salle dirige aujourd’hui 150 établissements privés sous contrat.
Commission ad hoc
A quelques jours de l’entrée en fonctions, le 1er août, d’une nouvelle équipe de gouvernance, ils annoncent également qu’« une étude approfondie » sera réalisée par « une commission ad hoc dont aucun frère ne sera membre » pour « comprendre comment des frères ont pu agresser impunément des élèves au sein de [leurs] établissements et, pour certains d’entre eux, récidiver ». L’avocat de la congrégation, Matthias Pujos, a, par ailleurs,précisé qu’un expert laïque spécialisé dans la prévention des violences serait prochainement recruté.
« Si on peut participer [à cette commission] c’est très bien », a réagi Philippe Chemineau, président d’un collectif d’anciens élèves des écoles Lasalliennes qui révèle depuis février des faits de violences sexuelles et physiques imputés à des religieux ou enseignants laïques, pour la plupart morts. Commis entre les années 1950 et le début des années 1990, ces faits sont désormais prescrits.
Ces excuses restent toutefois insuffisantes pour Philippe Chemineau, qui affirme avoir aujourd’hui recensé quelque 300 victimes. « On veut qu’ils se lancent véritablement dans une réparation intégrale de tous les traumatismes et préjudices subis par les victimes », a-t-il déclaré, rappelant que le collectif réclame la création d’un fonds de 100 millions d’euros pour indemniser les victimes.
La congrégation précise, dans son communiqué, avoir mis en place depuis 2014 une cellule d’écoute qui a enregistré 83 saisines. Selon M. Pujos, 78 dossiers ont déjà donné lieu à une indemnisation, pour un montant total de près de 2,8 millions d’euros, conformément aux recommandations de la Commission reconnaissance et réparation.