« Ecoutez-nous ! » : des enfants en situation de handicap expliquent leurs idées pour « changer l’école »
« Ecoutez-nous, on connaît nos besoins ! » Malgré des problèmes d’élocutions dus à une paralysie cérébrale, Adèle, 11 ans, s’exprime sans détour. Cette blonde aux yeux bleus a des difficultés motrices et se déplace en fauteuil roulant, mais ne veut pas qu’on la traite comme un bébé. Oui, elle a parfois subi des moqueries, craint un peu l’entrée en sixième, et admet qu’elle-même a parfois pu « glousser » face à certains handicaps qu’elle ne connaissait pas mais le « regrette à 100 % ». Elle a aussi subi une « maltraitance psychologique » de la part d’une accompagnante d’élèves en situation de handicap (AESH), dit-elle, qui lui parlait mal et lui donnait du travail trop difficile.
Toutes ses réflexions, elle a pu les partager au sein du conseil des enfants, une instance créée depuis la rentrée 2025 par le conseil national consultatif des personnes handicapées, qui présentait ses conclusions, lundi 22 juin, au ministère de la santé, à Paris, sur le thème « changer l’école ». Un des rares espaces où la parole des principaux intéressés est prise en compte.
Douze enfants de 8 à 13 ans, présentant tous types de handicap, se sont retrouvés six demi-journées, ont échangé leurs expériences et élaboré des pistes d’amélioration. Pour adapter l’environnement scolaire, Thélio, 10 ans, en CM1, propose de « baisser parfois la luminosité en classe, et faire un temps calme de 5 à 10 minutes avec des coussins, comme dans [son] ancienne école ». Il aimerait que les enseignants reconnaissent davantage les handicaps invisibles et organisent des sensibilisations pour les autres élèves.
L’équilibre est subtil : comment faire comprendre ses particularités sans être soumis à des questions intrusives ? Agathe, 8 ans, présente la solution imaginée par le groupe : instaurer une « blabla-room » dans l’école, où enfants et adultes pourraient discuter avec les élèves en situation de handicap. Seule aveugle de sa classe, la fillette a déjà partagé avec ses amis un jeu des Incollables sur le handicap visuel.
Il vous reste 53.12% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.