Il faut imaginer la scène. Deux jours après son élection comme maire de Paris, Emmanuel Grégoire (Parti socialiste) voit débarquer la section de recherches de la gendarmerie de Paris pour des perquisitions à l’Hôtel de ville, mardi 31 mars, à propos d’une affaire antérieure à son élection ; dans son vaste bureau encore vide, pile dans l’axe de la porte, trône un tableau de 1,60 mètre sur 2 affichant quatre mots qui sautent au regard : « Je ne regrette rien. » L’œuvre, photo d’une ruine de pierre sur laquelle est accrochée une banderole avec ces lettres capitales, était auparavant suspendue dans les escaliers qui mènent au bureau. Anne Hidalgo l’a fait déplacer, comme ultime testament à destination de son ex-premier adjoint (2018-2024) qu’elle a tant aimé détester dans les dernières années de son mandat.
L’intéressé, qui a toujours voulu se montrer flegmatique face aux perfidies de son ancienne patronne, assure que cela l’a « fait marrer ». Il n’a pas fait de commentaire sur la perquisition, liée à une enquête sur des soupçons d’illégalité de l’attribution du marché public de la cérémonie du 10e anniversaire des attentats du 13 novembre 2015, qui ne le concerne pas. Le tableau a depuis été retiré et l’enquête suit son cours, mais l’épisode est symbolique d’une réalité : l’héritage d’Anne Hidalgo qu’il doit et veut assumer n’est pas constitué que de pistes cyclables et de voies sur berges apaisées.
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